Le Ventoux en famille : une halte nature à deux pas du Var

On a beau vivre dans le Var, on oublie parfois que le géant de Provence est là, à une heure de route. Le mont Ventoux, ses 1 910 mètres, ses cailloux blancs et son vent qui vous tient debout : j’y suis monté pour la première fois l’été dernier, avec deux enfants de 7 et 11 ans. Ils ont mis quarante minutes à comprendre pourquoi on quittait la plage pour une montagne grise. Puis ils ont vu les chèvres.

Pour préparer un week-end là-bas, je suis tombé sur Gite Chalet Ventoux, un blog qui recense étapes, hébergements et visites dans le secteur. C’est en le parcourant que j’ai compris l’essentiel : le Ventoux ne se visite pas en coup de vent. Il se prend son temps, avec des enfants, et surtout avec une voiture garée au bon endroit.

La première fois, j’ai fait l’erreur de monter par Bédoin un dimanche de juillet. Cinquante minutes de bouchon pour atteindre le chalet Reynard. Les enfants ont chanté, puis se sont disputés, puis ont dormi. On a quand même passé un bon moment, mais j’ai retenu la leçon : partir tôt, ou partir à l’automne.

Des gorges de la Nesque aux dentelles, un terrain de jeu pour les familles

Ce qui m’a le plus surpris, ce n’est pas le sommet. C’est tout ce qu’il y a autour. Les gorges de la Nesque, par exemple : une route étroite, des falaises, des vautours qu’on aperçoit en levant le nez. On s’y est arrêtés trois fois en dix kilomètres. Les enfants ont adoré le belvédère du Castellaras, même si ma fille a trouvé le garde-fou « trop bas ».

Le lendemain, on a pique-niqué à Sault, sur la place ombragée. Un marché, des lavandes, des glaces. Rien d’extraordinaire, et c’est justement ce qui rend l’endroit reposant.

Pour dormir, on a testé un gîte à Villes-sur-Auzon. Cent dix euros la nuit pour quatre, petit-déjeuner compris. Correct. La piscine était froide, mais les enfants s’en fichaient.

Le Var comme base arrière

Beaucoup de Varois que je croise ignorent qu’ils peuvent rejoindre le Ventoux en une heure et demie depuis Draguignan ou Brignoles. Une fois sur place, l’idée de rentrer le soir même devient absurde : la route est belle, mais longue, et les enfants s’endorment avant la sortie de l’autoroute. Mieux vaut prévoir deux nuits.

Sur le blog de Gite Chalet Ventoux, j’ai trouvé des idées d’étapes pour le retour : une halte à Fontaine-de-Vaucluse, une autre à L’Isle-sur-la-Sorgue. On a testé la première. Le gouffre impressionne, le village est bondé en août, mais ça valait le détour.

Le camping ? On y a pensé pour l’été prochain. Les tarifs grimpent vite dans la vallée du Ventoux, surtout en juillet. Réserver en janvier, c’est le conseil que je donnerais à n’importe quel parent varois.

Il y a un détail qui m’agace, dans le tourisme familial : on nous vend toujours des « parcours aventure » à quarante euros par personne. Le Ventoux, lui, reste gratuit. Une simple paire de chaussures suffit. On a fait une randonnée de deux heures vers le sommet, depuis le chalet Reynard, sans guide. Les enfants ont tenu. Mon dos un peu moins, mais c’est un autre sujet.

Ce qu’il faut emporter (et ce qu’on peut laisser)

  • Des couches chaudes, même en juillet : au sommet, il fait dix degrés de moins qu’à Toulon.
  • De l’eau, beaucoup d’eau, et pas seulement pour la montée.
  • Un appareil photo, parce que la vue sur les Alpilles vaut le coup.
  • Rien de fragile : le mistral s’occupe du reste.

J’ai une opinion tranchée sur la question : le Ventoux n’est pas une destination de « passage ». Il faut y consacrer au moins deux jours, dormir sur place, accepter de rouler lentement sur les petites routes. Sinon, on ne fait que cocher une case.

La prochaine fois, je tenterai l’ascension à vélo. Pas jusqu’au sommet, disons jusqu’à la moitié. Ma fille a déjà dit qu’elle viendrait avec moi. Elle a sept ans. On verra.

En attendant, le blog de Gite Chalet Ventoux reste ma référence pour préparer le prochain week-end. Pas de pub, des infos pratiques, et l’envie de découvrir ce coin de Provence sans se tromper d’itinéraire.