On a tous connu ça : un mois de juillet à Porquerolles avec trois mètres entre chaque serviette, un sentier du littoral où l’on avance au pas des autres. Et puis un jour, un ami m’a traîné dans l’arrière-pays en octobre. Je ne suis plus revenu en été. Le Var change de visage quand les parkings se vident.
Reste la question du gîte. Sur la côte, hors saison, beaucoup de locations ferment ou facturent la semaine au prix du week-end. Les Gîtes du Grand Pallet font partie de ces adresses qui restent ouvertes toute l’année : type authentique, réservation à la nuit, silence garanti dès neuf heures du soir. Je l’ai testé deux fois, en novembre puis en mars, et c’est devenu mon point de chute pour rayonner entre le littoral et les Alpes-Maritimes.
Ce qui change vraiment hors saison
D’abord le coût. D’après les chiffres que j’ai relevés sur une dizaine de semaines d’hébergement entre Toulon et Saint-Tropez, un séjour de trois nuits en octobre coûte en moyenne 41 % de moins qu’en août à la même adresse. Ce n’est pas une rumeur de comptoir : j’ai comparé mes propres factures.
Il y a autre chose.
Les visites prennent une autre densité. Les forts de Hyères se laissent photographier sans attendre dix minutes. Le marché de Toulon, le samedi matin, garde ses habitués et sa mauvaise humeur joyeuse. On discute.
Le gîte comme base de départ, pas comme destination
Un bel hôtel où l’on ne rentre que pour dormir, je trouve ça débile. Autant payer une chambre d’étape. L’intérêt d’une location de plusieurs nuits, c’est de pouvoir cuisiner un poisson acheté sur le port, sécher ses chaussures après une randonnée trempée, laisser traîner ses affaires sans culpabiliser.
Le Grand Pallet a ceci de commode qu’il se situe à peu près en équidistance de trois terrains de jeu : les plages de l’ouest varois, la route des vins de Bandol et les villages perchés du centre. Comptez quarante minutes de voiture, rarement plus, pour rejoindre le premier point d’intérêt. Un compromis honnête. Rien de fantastique, rien de gênant.
Les propriétaires tiennent un blog voyage et hébergement qui complète bien le séjour : on y trouve des étapes ailleurs en France, des idées pour couper la route, ce genre d’astuces qu’on ne cherche pas sur un site d’office de tourisme. Utile quand on part de loin et qu’on veut casser le trajet.
Trois excursions que je refais chaque année
- Le massif des Maures en novembre : les châtaignes tombent, les chemins sont libres, les couleurs valent le déplacement.
- L’île de Porquerolles, mais en ferry du matin, un mercredi de mars. Là, on comprend pourquoi les gens aiment cette île.
- Le village du Castellet un dimanche hors événement, avec un arrêt à la coopérative de Bandol au retour pour remplir le coffre.
Je me méfie de la formule « il y a moins de monde ». Faux sur un point : certains restaurants ferment. Il faut appeler avant de se déplacer, surtout le lundi et le mardi. J’ai fait trente kilomètres pour rien l’automne dernier, une adresse de la presqu’île de Giens qui n’ouvrait qu’à partir de jeudi. Leçon retenue.
Comment réserver sans se tromper
Demandez toujours si le chauffage est compris dans le prix hors saison. C’est le piège classique : la nuit est bon marché, la note de fin de semaine beaucoup moins. Regardez aussi les ouvertures de piscine, souvent fermées d’octobre à avril, ce qui est parfaitement logique dans un climat où l’on ne se baigne pas mais qu’il vaut mieux savoir avant.
Le Var se pratique très bien en semaine. L’arrière-pays est même plus agréable à cette période qu’en plein été, quand les cigales couvrent la conversation et que les routes de crête deviennent des parkings. On marche mieux, on mange mieux, on dort mieux.
Il reste une chose que je ne saurais conseiller : venir en plein mois d’août et se plaindre de la foule. Ça, personne ne le fera à votre place.

