Je pars trois ou quatre fois par an, jamais très loin, et pourtant je passe encore un temps fou sur les mêmes recherches. Trouver un hébergement correct entre Hyères et Saint-Raphaël, vérifier si la route du littoral sera saturée un dimanche de mai, repérer une table qui ne sert pas uniquement des pizzas surgelées face à la mer. Le Var n’est pas une destination exotique, et c’est justement ce qui rend la préparation trompeuse : on croit connaître, on réserve à l’arrache, on le regrette.
Depuis deux ans, j’ai changé de méthode. Je consulte d’abord des magazines de voyage indépendants plutôt que les plateformes de réservation, parce qu’un article bien écrit sur une crique de la presqu’île de Giens vaut mieux que quarante avis cinq étoiles. Des sites comme ce site m’ont servi de point de départ pour plusieurs week-ends, notamment pour comprendre quels villages du haut Var valaient le détour en dehors de la saison estivale. Ce n’est pas une question de bons plans secrets : c’est une question de regard extérieur sur une région qu’on finit par regarder de trop près.
La préparation d’un séjour, c’est d’abord de la lecture.
Ce que je prépare avant de réserver quoi que ce soit
Mon premier réflexe n’est plus de chercher un hôtel. C’est de lire. Trois ou quatre articles sur la zone visée, en croisant les sources, et je note ce qui revient : un sentier, un marché, une plage moins fréquentée. Cette étape me prend une heure, parfois deux, et elle m’économise souvent une demi-journée perdue sur place à chercher quoi faire.
Ensuite seulement viennent les réservations. Et là, une règle simple : je ne réserve jamais un logement sans avoir vérifié à quelle distance réelle il se trouve de ce que je veux voir. Sur une carte, tout paraît proche. Dans les faits, la route entre Le Lavandou et Cavalaire peut transformer un trajet de vingt minutes annoncé en quarante-cinq minutes de calvaire un après-midi d’août. J’ai appris ça à mes dépens l’été 2023, bloqué derrière un camping-car allemand sur une départementale sans dépassement possible. Trois heures pour rejoindre Ramatuelle depuis Toulon. Je ne recommence pas.
Les outils numériques ont changé la donne, mais pas toujours en bien.
Je garde un carnet papier pour les itinéraires. Ça peut sembler ridicule à l’heure des applications, sauf que mon téléphone a déjà rendu l’âme au mauvais moment, dans un village sans réseau, et que le carnet n’a jamais eu besoin de batterie. Les applications servent à vérifier les horaires de bateau pour Porquerolles ou le niveau de remplissage des parkings ; le carnet sert à décider où aller. Deux usages distincts, deux supports distincts.
Lire un magazine de voyage, est-ce encore utile ?
La question mérite d’être posée franchement. Les avis en ligne sont partout, les vidéos de trois minutes sur une crique pullulent, et n’importe qui peut publier son classement des meilleures adresses de Bandol. Alors pourquoi s’encombrer d’un magazine ?
Parce qu’un article de magazine de voyage tient un discours construit sur vingt ou trente minutes de lecture, pas sur quinze secondes de scroll. Il raconte un itinéraire, pas un point d’intérêt isolé. Il assume des choix éditoriaux et parfois des critiques. Je trouve ça infiniment plus utile qu’une liste de dix restaurants classés par note moyenne, où l’on ne sait jamais si le premier doit sa place à sa cuisine ou à sa campagne de communication.
Un autre point : la temporalité. Une bonne adresse publiée dans un magazine spécialisé a souvent été testée à une saison précise, et l’article le dit. Je préfère savoir qu’un sentier est agréable en avril et infernal en juillet plutôt que de découvrir l’information sur place, à midi, sans ombre et sans eau.
Trois habitudes qui changent un week-end dans le Var
- Réserver les tables du soir dès le matin, surtout entre juin et septembre : dans certains ports, tout est complet à 19 h 30.
- Partir tôt. Vraiment tôt. À 7 h sur la corniche, on croise des joggeurs ; à 11 h, on cherche une place de parking pendant quarante minutes.
- Garder une journée sans programme. C’est souvent celle dont je me souviens le plus, et c’est aussi celle qui absorbe les imprévus, les recommandations d’un habitant, les détours qui valent le coup.
Je ne prétends pas avoir trouvé la formule parfaite. Je sais juste que depuis que je prépare mes escapades en lisant avant de réserver, je passe moins de temps à gérer des problèmes et plus de temps à regarder la mer. Le reste, honnêtement, c’est du remplissage.

