De Toulon à Draguignan, de Hyères à Fréjus, les enseignes « Achat or » font désormais partie du paysage des centres-villes et des zones commerciales varoises. Pour beaucoup de particuliers, pousser la porte reste pourtant intimidant : combien vont-ils proposer, que faut-il apporter, comment savoir si le prix est juste ? Voici, question par question, le déroulement d’une vente d’or, qu’elle ait lieu dans un comptoir du Var ou à distance.
Que peut-on vendre ?
Presque tout ce qui contient de l’or massif : bijoux cassés ou démodés, alliances, chaînes, gourmettes, montres en or, dents en or, pièces comme le Napoléon de 20 francs, lingots et lingotins. Les pièces d’investissement et les lingots obéissent à une logique un peu différente des bijoux, car leur valeur est directement liée au poids d’or fin qu’ils contiennent et, pour certaines pièces, à leur intérêt numismatique.
Le plaqué or, le doublé or et les bijoux simplement dorés n’ont en revanche pratiquement pas de valeur de rachat : la couche d’or est trop mince pour être récupérée de manière rentable. Un professionnel honnête le signale avant de faire perdre du temps.
Que faut-il apporter ?
Une pièce d’identité en cours de validité est indispensable : les professionnels du rachat de métaux précieux doivent tenir un registre des achats et identifier leurs vendeurs. Si vous les avez, apportez aussi les factures ou certificats d’achat, surtout pour les pièces et lingots. Ils peuvent avoir un intérêt fiscal, comme on le verra plus bas.
Inutile de nettoyer ou de trier à l’avance. Mieux vaut au contraire tout apporter, y compris les pièces dont vous doutez : le tri fait partie de l’expertise.
Un cas fréquent mérite une précaution : si vous vendez des bijoux reçus en héritage alors que la succession n’est pas encore réglée, assurez-vous d’avoir l’accord des autres héritiers. Le comptoir ne pourra pas le vérifier à votre place.
Comment le prix est-il calculé ?
Le calcul suit toujours la même logique, en trois étapes.
- L’identification. L’expert cherche les poinçons à la loupe. En France, la tête d’aigle correspond à l’or 18 carats, soit 750 millièmes. Si le poinçon est absent ou illisible, il peut recourir à la pierre de touche et à des acides de test.
- La pesée. Les bijoux sont pesés par titre, sur une balance de précision, idéalement devant vous. Les pierres et les parties non métalliques peuvent être déduites.
- Le chiffrage. Le poids d’or fin est multiplié par le prix de rachat au gramme, lui-même fondé sur le cours de l’or du jour, moins la marge du professionnel.
C’est sur cette marge que les écarts se creusent d’un comptoir à l’autre. Le réflexe utile consiste à demander le détail écrit du calcul, puis à comparer. Certains acteurs publient leurs prix de rachat au gramme par titre. C’est le cas de maison-or-bijoux.com, un spécialiste de l’or qui affiche en ligne le cours retenu et ses tarifs de rachat pour l’or 24, 18 et 14 carats. Cette enseigne n’a pas de boutique dans le Var : ses comptoirs les plus proches se situent dans les Alpes-Maritimes, à Cannes, Mougins et Cagnes-sur-Mer, et elle propose une estimation à distance à partir d’une description et de photos, avec envoi assuré. Ces chiffres publiés servent en tout cas de point de comparaison avant de vendre près de chez soi.
Comment est-on payé ?
En France, l’achat de métaux précieux à un particulier ne peut pas être réglé en espèces. Le paiement se fait par virement ou par chèque, souvent le jour même. Un comptoir qui propose du liquide ne respecte pas la réglementation.
Vous devez recevoir un bordereau d’achat détaillant la nature des objets, leur poids, leur titre, le prix et l’impôt éventuellement retenu. Conservez-le.
Quelle fiscalité s’applique ?
À la date de rédaction, en septembre 2026, la vente d’or d’investissement est soumise par défaut à une taxe forfaitaire de 11,5 % sur le prix de vente, prélevée directement par l’acheteur. Avec un justificatif d’achat, le vendeur peut opter pour le régime des plus-values, qui prévoit un abattement progressif selon la durée de détention. Les bijoux relèvent de règles qui peuvent différer selon leur nature et le montant de la vente : demandez au professionnel de vous indiquer le régime appliqué, et vérifiez-le sur le site des impôts en cas de doute.
Et après la vente ?
Revendre un bijou hérité ou une pièce ancienne est souvent l’occasion de faire le point sur l’ensemble de ses biens : que garder, que transmettre, que placer autrement. Pour prendre du recul sur ces choix, consultez nos repères pour gérer son patrimoine. Et rappelez-vous qu’une estimation est gratuite et sans engagement : rien n’oblige à vendre le jour même, surtout si le prix proposé ne vous convainc pas.

